Service de Santé de la Grande Armée
Historique de la genèse du service de santé  
 
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A
u dix-septième siècle, le soldat dans son immense majorité exerce le métier des armes de façon professionnelle. Il loue ses services contre une solde, mais si suite à une blessure il n'est plus apte au combat ( donc à honorer son contrat) toute rémunération cesse et il est rejeté par l'armée. Il devient un mendiant qui va de couvents en couvents en vivant de charité.
P
ourtant au mois de juin 1606, le Roi Henri IV va décider un geste qui porte en lui le germe de la Fondation de l'hôtel des Invalides. Il fait don, et je cite les termes exacts car ils sont importants: " de la Maison Royale de la charité chrétienne des faubourgs Saint-Michel à Paris aux pauvres gentilshommes, capitaines et soldats estropiés et vieux ".
L
e but de cette maison est donc, non seulement de recueillir les blessés quelque soit le grade, mais également les soldats trop âgés pour combattre. Je pense que nous pouvoir y voir une notion de maison de retraite pour soldats.
S
ous Louis XIV, signalons la création de l'Hôtel des invalides.

17 janvier 1708 : C'est une date importante dans l'étude de l'historique du Service de Santé. En effet, cet édit royal a le mérite de clarifier et d'officialiser une situation de fait. Il crée des offices( ce qui signifie que les charges s'achètent) et instaure les cinquantes hôpitaux militaires suivants:

Arras
Avesnes
Besançon
Berghes
Belfort
Briançon
Bordeaux
Béthune
Belle-Ile
Bayonne
Calais
Condé
Cambrai
Charlemont
Dunkerque
Douai
Furnes
Fenestrelle
Givet
Gravelines
Huningue
Hesdin
Lille
Le Quesnoy
Landrecies
Longwy
Maubeuge
Metz
Marseille
Mont-Dauphin
Neuf-Brisach
Nantes
Perpignan
Philippeville
Phalsbourg
Port-Louis
Rocroi
Strasbourg
Saint-Omer
Sedan
Sarrelouis
Schlestadt
Salins
Tournay
Thionville
Toulon
Toul
Valenciennes
Verdun
Ypres

Cette disposition est à rapprocher de celle des forteresses défendant le sol du royaume de France. Il se dégage une idée intéressante pour la première fois, les autorités sentent la nécessité d'installer des structures de soins prés des lieux de combats supposés. Bien entendu, nous sommes encore loin de la chirurgie de terrain qui suit de prés le soldat afin de lui apporter le plus rapidement possible les soins dont il a besoin. Nous avons vu que les charges s'achètent, la valeur professionnelle n'entre pas en ligne de compte. Néanmoins, j'ose espérer que ces personnes aisées prennent les offices qui correspondent à leurs aspirations et convictions. Cet édit constitue les prémices d'une organisation du Service de Santé. Bien sûr, il y a de graves lacunes, par exemple, il n'y a aucune allusion sur la composition du personnel, ni à plus forte raison sur sa formation professionnelle. La gestion des hôpitaux royaux est confiée à des directeurs supervisés par des contrôleurs. Mais ce système montre ses limites et surtout les nombreux abus possibles.
Juin 1716 : Cet édit tend à assainir ce Service de Santé naissant. Les charges ne sont plus mises à la vente et les officiers de santé sont nommés. Mais apparemment, cela ne suffit pas à ramener un climat de sérénité dans les hôpitaux.

20 avril 1747 : Date très importante, et je n'hésite pas à écrire que cette ordonnance constitue l'acte de décès du Service de Santé naissant. Pendant prés de cent vingt ans de nombreux soldats paieront de leur vie cette décision. Pourtant, à l'origine, son but est de faire disparaître les abus. Elle introduit les commissaires des guerres. Leur rôle est la surveillance purement administrative. Ils comptabilisent les malades et vérifient si l'état des journées est conforme à la présence réelle des hommes. Autrement dit, débusquer les faux malades, les soldats qui se font porter pâles et n'intègrent pas l'hôpital pour faire '" l'école buissonnière".
A
ce stade, une réflexion importante apparaît. C'est le premier pas des commissaires des guerres au sein des hôpitaux. Ils ont un rôle de surveillance administrative. Ils n'ont aucun pourvoir( cette phrase que j'écris volontairement doit faire sourire le lecteur qui connaît le rôle des commissaires des guerres sous la Révolution et le 1er Empire dans le Service de Santé).
L
es intentions de cet édit sont louables.
Voyons les aspects positifs :
  •   Les charges ne sont plus vendues.
  •   Les commissaires ne sont présents que pour régir des points de discipline militaires et n'ont aucune autorités sur les questions médicales. Les véritables chefs du service sont les officiers de santé.
L
e côté négatif:

  •   Il n'y a pas de véritable organisation au sein même du personnel de santé, ni de formation professionnelle établie selon un programme d'étude planifié.
  •   Malgré les bonnes volontés, il n'existe pas à proprement parlé de Service de santé aux armées. Bref, de structure établie au niveau national.
S
i vous êtes intéressé par cette approche historique concernant le Service de Santé aux armées, je vous invite à vous abonner à notre revue. Vous trouverez tous les renseignements nécessaire dans la rubrique: Abonnement à notre revue.