ans cette rubrique consacrée à l'armement, vous allez avoir un aperçu des articles que vous pouvez trouver dans notre revue. Cette étude vous présente deux pistolets d'officiers de la Grande Armée.
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Deux pistolets d’Officiers de la Grande Armée :
Armes traditionnelles des officiers et des cavaliers, les pistolets allaient généralement par paire. Les aléas du temps ont plus que souvent dépareillé ces ensembles et aujourd’hui on trouve très souvent chaque pistolet seul dans son coin et c’est bien rarement que le collectionneur peut trouver les deux armes formant la paire. Les armes de poing que nous vous présentons étaient vraisemblablement issues d’un ensemble. Elles restent cependant, même isolément, des pièces dignes d’attention. Ces deux armes sont très différentes. La première est une pure arme de combat, utilisant les projectiles conventionnels des fusils an IX au calibre 17,5 mm. La deuxième arme plus sophistiquée, est un pistolet équipé d’un canon de calibre 14 mm. Leurs longueurs inférieures à celle des pistolets réglementaires de cavalerie pourraient classer ces pistolets dans la catégorie des demi-arçons s’ils avaient été des armes réglementaires .
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Un pistolet de combat, sans fioriture, fait pour la rudesse des champs de bataille :
Ce premier pistolet est assez simple, et donne une excellente idée de ce que pouvaient être une arme de guerre fonctionnelle, tournée vers l’efficacité et non l’apparat. Ce pistolet est celui d’un homme qui se sert de cette arme au combat de manière assez régulière, et non une arme précieuse et richement décorée qui, même si elle peut très bien être utilisée en campagne, a pour vocation de rester dans les fontes ou de régler les affaires d’honneur avec un peu de panache. D’une longueur totale de 295 mm, ce pistolet possède une crosse en noyer dont la poignée est quadrillée finement. La seule petite fantaisie se situe au niveau de la partie avant du pontet située sous le fut qui est découpée en forme d’urne fleurie, décor assez classique sous l’Empire. La calotte, plate, est en acier et présente 8 pans. La contre-platine est formée par deux petite pièces d’acier servant de “rondelles” aux vis de fixation de la platine. Celle qui maintient la vis qui prend sur l’arrière de la platine est plus grosse et présente la forme d’un écusson ovale, présentation qui avait pour but de graver éventuellement les initiales du propriétaire de l’arme.
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Vue de dessous, ce pistolet nous dévoile son seul décor, l’avant de son pontet découpé en urne fleurie stylisée.
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La platine très sobre à chien en col de cygne. Un dépouillement extrême, mais une réelle efficacité :
La platine de 111 mm de long est très classique avec un bassinet droit à léger pare-feu. La batterie porte en léger décor une grenade stylisée ce qui peut laisser croire que le propriétaire de cette arme appartenait aux grenadiers. Le chien est à col de cygne et non à espalet renforcé comme sur les pistolets réglementaires. Ce type de chien plus fragile mais plus esthétique était employé fréquemment sur les armes d’Officier. La platine est marquée par un léger filet qui fait tout le tour du corps de platine, de la batterie, et du corps de chien. Le ressort de batterie se termine en double goutte. Aucun marquage particulier ne se trouve sur le corps de platine. Cette absence de marquage n’est pas particulièrement étonnante. De très nombreux armuriers fabriquaient des armes dont il signaient les platines à l’intérieur, voire même qu’ils ne signaient pas du tout.
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Vue de la bouche du canon et de ses 48 fines rayures cheveux :
Le canon est une fort belle pièce, et on voit que cette partie de l’arme a été particulièrement soignée. D’une longueur de 150 mm, fabriqué en damas à ruban, il est à 8 pans et sa forme est légèrement tromblonnée vers la bouche comme ce fut souvent l’usage à cette époque. Cette forme de tromblon est purement esthétique puisque le diamètre intérieur du tube est constant. En fait, cet effet trombloné est obtenu en creusant les pans du canon sur la longueur. La bouche et la culasse sont de la même taille et le canon est aminci vers le dernier tiers coté bouche en partant doucement de la culasse pour remonter un peu plus brusquement vers la bouche. Foré au calibre 17,6 mm, l’âme du canon est rayée suivant le système très en vogue sous l’Empire des rayures dites ”cheveux”, à savoir de très fines et nombreuses rayures qui, dans ce cas sont au nombre de 48 rayures.
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Le pistolet vue côté contre-platine
Ce Pistolet très dépouillé est une arme de combat sans fioriture, destinée à un usage militaire réel qui s'accommode mal des gravures, dorures et autres décors faisant mauvais ménage avec la poussière, la boue, la pluie et les frottement dans les fontes d’un cheval au galop ou dans les gants d’un Officier utilisant son pistolet pour se défendre.
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Un autre exercice de style avec ce pistolet d’Officier plus travaillé au niveau esthétique.
Malgré ce que nous venons d’affirmer sur les dégradations subies par les armes décorées des Officiers de la Grande Armée, nombre de ces derniers aimaient à avoir une paire de pistolets luxueux ou donnant au moins l’impression d’un certain luxe. Il est vrai que l’exemple en la matière était bien donné par les Généraux qui pouvaient avoir en dotation réglementaire le somptueux pistolet d’officier général An XII à tête de minerve, pur produit de la célèbrissime Manufacture d’Armes de Versailles.
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Le pistolet que nous étudions ne porte pas de signature prestigieuse si ce n’est celle de son canon, Leclerc, représentée par le célèbre poinçon à fond d’or, LC entouré de palmes.
D’une longueur totale de 320 mm, l’arme est composée d’une crosse en noyer portant un quadrillage et des petites sculptures en frise autour de la platine, de la queue de culasse et de la base de la crosse au niveau de la calotte. Une lame d’acier forme une bride qui rigidifie la crosse au niveau du dos de la poignée sans toutefois prendre sur la queue de culasse comme c’est le cas sur les pistolets réglementaires an 9 et 13. La calotte est proéminente, en acier, décorée d’une frise en haut et d’une fleur stylisée sur sa partie plate en bas. Le pontet très sobre est découpé en urne sur son retour vers l’avant de l’arme. Le même motif est repris sur le guide de baguette.
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La platine plus décorée de cette arme traduit une volonté d’apparence luxueuse. C’est une assez belle pièce :
La platine de 101 mm est classique avec un chien en col de cygne décoré d’un simple trait et un corps de platine plat décoré d’un motif floral sur l’arrière. Le bassinet est à double volute. La volute de l’avant sert de passage à la vis de la batterie dont la tête est située à l’intérieur de la platine et non à l’extérieur comme sur les armes militaires. La volute arrière remonte haut et forme un pare-feu. Le ressort de batterie est sobre et dans le goût militaire en se terminant en une simple goutte. La batterie sans retroussis est décoré d’un motif floral sur sa face avant. Les vis de la platine sont guillochées et la contre-platine est faite de deux pièces d’acier à décor floral.
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Les pièces de contre-platine.
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Le canon à crochet est une pièce indépendante de la queue de culasse. C’est une belle pièce de forge légèrement tromblonnée et de finition bleuie :
Le canon long de 171 mm est assujetti à l’arme par une goupille plate à l’avant du fût et par un système à crochet à l’arrière. La queue de culasse est donc indépendante du canon. Ce dernier d’un calibre de 14 mm porte 72 rayures cheveux. Il est poinçonné de LECLERC, arquebusier et “canonnier de l’Empereur” qui exerça à Paris au 35 puis au 78 , rue des Gravilliers ( rue donnant sur la rue de Turbigo dans le 3ième arrondissement ) de 1807 à 1810. La signature de LECLERC composée d’un poinçon ovale doré dans lequel les lettres L et C sont entourées de palmes, était un gage de qualité. Là encore le canon est légèrement tromblonné suivant la méthode du creusement des pans extérieurs. Il possède encore son bleu d’origine qui fut ravivé. Les instruments de visée sont un cran de mire fixe sur la queue de culasse et un guidon en laiton sur le canon ce qui devait permettre un tir un peu plus précis quoique le système de chargement par la bouche soit par nature peu propice au tir de grande précision, la prise de rayures (quand celles-ci existent) se faisant manuellement à l’introduction du projectile et non en force réelle grâce à la pression des gaz, directement après la chambre comme c’est le cas pour les armes à chargement par la culasse.
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Une fois le canon enlevé on voit bien l'évidement légèrement rectangulaire de la queue de culasse destiné à recevoir et maintenir le crochet du canon.
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La bouche du canon avec ses 72 rayures cheveux.
Ces deux pistolets sont très représentatifs des armes que nos glorieux ancêtres portaient lors de leurs périples avec la Grande Armée. Les deux options qui s’offraient aux commun des Officiers sont bien là : une arme de combat pure, sans décor particulier, au canon semblant énorme et dégageant une impression de puissance. Un pistolet élancé, décoré mais fonctionnel avec sa bride de renfort sur la poignée et son canon de haute qualité fait par LECLERC.
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Le pistolet de combat en main. Une arme assez lourde mais équilibrée malgré son énorme canon et dont la poignée de bonne épaisseur permet un prise en main de qualité.
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L’arme d’un poids équivalent à l’autre pistolet est un peu moins bien équilibrée du fait de sa construction qui impose un porte à faux plus important du fait de la longueur du canon. La crosse fine ne convient bien qu’à de petites mains.
Le choix entre ces deux types de pistolets devait être guidé principalement par le goût du propriétaire plus que par de grosse différences d’efficacité. Le pistolet le plus sobre est presque réglementaire puisqu’il utilise un calibre en vigueur dans le Grande Armée, l’autre plus conforme à l’idée que l’on se fait d’une arme d’Officier doit cependant être redoutable avec son projectile de 14 mm bien guidé par les 72 rayures du canon. Le prix de chaque pistolet devait être assez comparable, puisque le pistolet à canon LECLERC est assez décoré mais d’une qualité d’exécution moyenne, alors que l’autre est d’une belle facture qui ne laisse rien au hasard.
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'histoire nous a légué ces deux armes. Elles furent les témoins d'une épopée extraordinaire et il est agréable lorsqu'on a le privilège de pouvoir les tenir en main, d'imaginer les aventures que leurs propriétaires ont vécu au sein de la Grande Armée.
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